Jeux Dangereux est la première exposition en France d’Abel Herrero, artiste d’origine cubaine, travaillant depuis 30 ans en Italie. Elle s’inscrit dans la programmation contemporaine de la galerie, qui s’engage à mettre en avant les talents émergents de la scène artistique italienne aux côtés de l’ouvrage des grands noms de l’après-guerre.
De son studio dans la campagne toscane, Herrero produit des toiles de grande envergure, explorant le rapport entre l’humain et le monde naturel. Partant d’une couleur pure, il désature peu à peu les couches de peinture à l’huile, jusqu’à arriver à la toile nue. Se dévoilent ainsi ses sujets, à l’apparence anodine—un portrait, un paysage ou un animal—derrière lesquels se cache un message témoignant du fort engagement social et politique de l’artiste. Celui-ci se révèle au fil du regard, alors que le spectateur s’approche et s’éloigne tour à tour des toiles monumentales.
La mer est un sujet de prédilection pour l’artiste, à la portée à la fois personnelle et universelle. Omniprésente sur son île natale, elle incarne l’obstacle insurmontable mais également la liberté et l’espoir. Lieu de vacances et d’insouciance, c’est aussi elle qui subit les conséquences des excès de notre mode de vie moderne. C’est ce paradoxe que l’artiste évoquera à travers son installation Black Sea Games (Jeux de la mer noire) au rez-de-chaussé de la galerie, alors que de longues toiles en teintes de gris côtoieront huit sphères en marbre posées au sol telles des ballons immuables, comme calcifiés sur une plage abandonnée.
Au sous-sol, la teinte électrisante dont Herrero imprègnera l’espace illumine une scène tout aussi stratifiée. Chaque toile est conçue spécialement pour la galerie et sera montée in situ, formant une unique installation, intitulée Green Temptation (Tentation verte). Un message se dessine au travers des perspectives, du détail le plus minutieux à l’atmosphère englobante, rappelant le poids des décisions humaines et la fragilité du monde qui nous entoure.
Né à Cuba en 1971, Herrero se rend à Milan pour sa première exposition internationale à l’âge de 23 ans. Dès lors, il s’installe définitivement en Italie, où il se lie d’amitié avec un vaste cercle d’artistes et intellectuels, dont les maîtres de la génération précédente, tels que Claudio Parmiggiani, avec lequel il a exposé en 2023 au Museo del Novecento à Florence. Herrero a également présenté son travail à la Biennale de Venise (2011), au MAXXI de Rome (2014) et à la Biennale de la Havane (2015). Aujourd’hui, il continue d’exposer en Italie et à Cuba et de promouvoir les échanges culturels entre les deux pays.


















